18.03.2008
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Puisqu’il va falloir en passer par là
quelle prétention
quelle bêtise
puisqu’il va falloir en passer par là pour en sortir vraiment
j’ai des regrets j’ai des remords
à foison
je ne suis pas toujours partante
je ne me suis jamais vraiment remise
ai-je eu un jour le temps pour ça
toujours en conflit, avec les autres : avec moi-même
pas d’illusion non plus
m’en reste-t-il ?
il va falloir enlever tout ça, gratter
expulser
(drôle de mot)
je ne sais pas ce que je défends, pour quoi je me bats, l’utilité d’une vie
plus bas que terre
le H blanc
le 7 para doxal, qu’y peut-on ?
un autre monde, englouti (drôle de mot) règne ailleurs en moi
il faut espérer
dit-on
le peut-on
il avance, il fait, il s’exprime, donne son avis, tranche, finit par avouer, se désavoue, ment, joue, rie, déteste, nie, fait semblant, pleure, descend, s’avilie, obéit, recommence, encore, puis gesticule fait mine de s’en aller, est toujours là, repart à la charge, argumente, court, disjoncte, encore, mange, chante oublie le livre
se sentir quelque chose et comprendre que l’on en fera rien, déjà gâché, par avance
je crois, donc je suis heureux
tout ce que je puis dire, à la hauteur de mes connaissances
comment ne pas savoir, déjà
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02.03.2008
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Consommé, achevé, fini, détruit, clos définitivement, terminé, arrêté, cessez !
Elle ne voulait plus voir personne. Les relations humaines lui paraissaient décevantes, personne n’est prêt à comprendre l’autre. Elle refusait obstinément de sortir de son monde, de son système morbide ; le vôtre, non merci, pas pour elle. Elle s’amusait à penser des choses effrayantes, inavouables, mettant toute la violence, toute sa haine comme des nuages dans son esprit. Elle riait de cette liberté, et les gens s’étonnaient de ce rictus. Défigurée par cette joie nouvelle, elle entreprit de s’appesantir sur chaque possible de la pensée, et se rendit vite compte qu’elle tournait en rond comme un laid poisson de bocal. Elle se disait qu’elle préférait rester dans l’erreur toute sa vie, plutôt que de se compromettre. Rien de ce que vous faites n’a d’importance. Vous préférez l’ignorer.
Chacun sera jugé en son temps. Mais elle ne pouvait s’empêcher de ne pas comprendre les choix des autres.
pauvre gamine, exigeante, colérique, capricieuse plutôt, étouffante aussi.
Il lui faudra inventer une nouvelle vie. Elle sombrerait peut-être dans la folie. C’est pourquoi elle décida de tenir un journal. Oui, laisser quelque chose, toujours un vieux reste de vanité là-dessous.
« Ha, tu sais bien mon cher journal qu’il ne faut pas prendre la vie au tragique. Regarde-toi, promis au néant de mon disque dur d’ici quelques instants POMME S je t’enregistre, pauvre petite chose, tu ne voulais pas vivre toi non plus, et maintenant tu te traînes sur le sentier douloureux, bordé de harpies et de faux semblants, tu erres, abîmant tes souliers, depuis longtemps, alors qu’il faut danser. Sur la pointe des pieds, les yeux dans les étoiles toujours, je laisse aux autres le caniveau. Ils disent que c’est impossible, la solitude. Enfin, je veux. »
Le schéma : sacrifier du plaisir à des illusions. Elle croyait avoir compris. Elle n’avait plus d’illusion, croyait qu’on pouvait vivre sans illusion. Considérer la vie comme un vaste terrain d’expérimentation, puisque nous n’en avons qu’une, bien sûr nous pouvons vouloir la tenter comme tous les autres l’ont fait, parce que ça ne doit pas être si dégueulasse puisque tant de gens ont opté, optent et opteront pour cette option. Même si elle devait y perdre tous ses « mais ».
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