29.02.2008
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Ça va aller, disent-ils, tous, derrière leurs cœurs.
Il y en a bien sûr aussi quelques-uns qui se montrent tout de même un peu sceptiques, avec tout ce qu’on voit de nos jours. Mais qu’est-ce que cette suspicion transforme dans leurs âmes ? Est-ce que c’est ce doute qui leur gèle le cœur devant un homme assis dans la rue, en plein hiver ? Ainsi va le monde, et tournez manèges !
L’impression que cette agonique XIXème siècle tant vomi par Bloy, Baudelaire ou Flaubert, a rendu tous ces vices, a vomi sa plus pure médiocrité pour nous l’imposer en modèle, au XXème, non pas de l’homme qui se respecte, de l’homme aisé ou de l’artiste, mais de chaque humain de la planète. Individualisation. L’homme singulier, unique. Et toutes ces unités, magnifiques fourmis, mais cadrés par des singuliers tout autant, voir plus, car régi par le choix de chaque singulier, chacun ayant donc décidément la même valeur, le même poids de parole dans tous les champs, la politique très clairement, mais l’éthique, l’art, pourquoi épargner ? Foulons aux pieds toute idée d’élite, puisque nous avons supprimé l’autorité du Dieu, du roi, du citoyen, de l’artiste.
Ça va aller ... j’aimerais bien pouvoir te dire ça. Mais ce n’est pas si simple ; il faudrait bien pourtant, la créature douloureuse, arpente toujours le sentier, usant ses bottines, ne cherchant même plus celle de droite, définitivement instituée en errance, méprisant à jamais la ligne d’horizon
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