05.12.2007

layer 4.1

Impassible scaphandrier prosaïque.
 
La vie en société s’articule autour de quelques mascarades dont la plus simple, et la plus puissante, et de faire croire l’individu à sa propre utilité. Dans son univers très restreint de compétences, d’acquis et d’expériences, il se croit un centre, du moins, son activité lui donne une existence. Les valeurs se sont simplement dégradées, jusqu’à ne plus être aujourd’hui que des mots vides, baudruches aux belles couleurs, mais pleine d’air. De nouvelles valeurs apparaissent, comme des idoles contemporaines, c’est-à-dire sans même un soupçon de véritable foi : le travail, la valeur travail n’a plus le même poids qu’au temps des totalitarismes. Elle n’est plus qu’une apparence de valeur.

Dans son scaphandrier prosaïque, il se débat encore un peu. Douloureuses emprises, nostalgie d’un âge d’or, où l’espoir existait.

Ca y est, ça y est : l’espoir lui revient en tête, cette ambiguïté permanente, il la lève, il comprend, un peu seulement, il voit le manque, dessine l’allure de l’absent. Grand, fort. Infiniment grand, infiniment fort. Le spectateur initial, dont le regard donne sens au spectacle. Il se sent seul. Il les voit tous, ignares insolents de morbide humanité, fantômes sans âme car dégagés de leurs responsabilités. Son cœur bat plus vite. Sa haine ? Non, comment haïr ? Il faut aimer, par-delà l’amour, c’est ce qu’il voudrait. Mais il sait. Au plus profond de ses entrailles il sent la torsion de ses tripes, hurlant au ciel ses représailles futures. Il ne bouge pas cependant, se déteste, finit par se complaire lui aussi dans cette petite obscurité, ce puit vaseux des passions humaines.
Il y a cet autre en lui qui l’observe. Ces autres qui lui gueulent dessus, en permanence il cherche, cherche ce qui le constitue, s’égare, perd du temps. Tu vois toi aussi, l’alternance des jours et des nuits, contre laquelle on ne peut aller. Le soleil s’éteint, s’embrasent les terres et les nations, promesse d’un lendemain clair. Plus de deux mille ans d’écrits à comprendre, à assimiler. Aller dans le bon sens. Divertissement, nouvelle déesse, heureuse sorcière en terre hospitalière, charlatan vendant son philtre du p’tit bonheur au moindre offrant. Fournisseur officiel de rêves, pardon réalisateur de désirs disent-ils, ça ricane la haut, ça pleure ici aussi.

04.12.2007

layer 3.1

Sur la ligne au sol, elle marchait, sans intention. Et pourtant, elle voudrait choisir. Pavés usés, brins verts, fer rouillé, fêlure de verre, crépi jaune et sale, bleu brume, plus loin, elle verra du gris et du noir. Tentant de sautiller, trébuche. Tout est dit.
Mais je voudrais continuer quand même, forcer le flux, l’existence, la tordre, enfin bacchantes, enfin délices luxuriants, boire des mots, s’emplir sans ciller. Respiration. Déchirement striant l’air, comme un chat qui crie. Elle marche.