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01.03.2008

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Que son cœur déborde un peu trop vite, qu’elle se confie trop rapidement, qu’elle expose les tremblements de ses fantômes, qu’elle assume la parole humiliante, son ressenti, c’était trop pour eux, en général. Le désordre du monde n’était pas dans ses objets de haine, parce que seul le mépris pouvait qualifier son sentiment. Leur comportement était fourvoiement fatal.

Pourtant le flot d’amour demeurait vivace, ce qui était mépris et dégoût, devant une créature particulière, devenait pitié. Devant un être chéri, le désespoir se transmuait en charitable humilité. Qui suis-je pour juger ? Chacun sera jugé en son heure. Il s’agit de vider son cœur de la souffrance liée aux relations humaines, rien de bon ne peut venir de l’être humain, rien de définitivement mauvais non plus. Il faudrait seulement abandonner tout espoir d’altérité.

Chacun répondait avec candeur à son prochain : « Dieu même n’en demande pas tant ».

29.02.2008

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Ça va aller, disent-ils, tous, derrière leurs cœurs.


Il y en a bien sûr aussi quelques-uns qui se montrent tout de même un peu sceptiques, avec tout ce qu’on voit de nos jours. Mais qu’est-ce que cette suspicion transforme dans leurs âmes ? Est-ce que c’est ce doute qui leur gèle le cœur devant un homme assis dans la rue, en plein hiver ? Ainsi va le monde, et tournez manèges !


L’impression que cette agonique XIXème siècle tant vomi par Bloy, Baudelaire ou Flaubert, a rendu tous ces vices, a vomi sa plus pure médiocrité pour nous l’imposer en modèle, au XXème, non pas de l’homme qui se respecte, de l’homme aisé ou de l’artiste, mais de chaque humain de la planète. Individualisation. L’homme singulier, unique. Et toutes ces unités, magnifiques fourmis, mais cadrés par des singuliers tout autant, voir plus, car régi par le choix de chaque singulier, chacun ayant donc décidément la même valeur, le même poids de parole dans tous les champs, la politique très clairement, mais l’éthique, l’art, pourquoi épargner ? Foulons aux pieds toute idée d’élite, puisque nous avons supprimé l’autorité du Dieu, du roi, du citoyen, de l’artiste.

Ça va aller ... j’aimerais bien pouvoir te dire ça. Mais ce n’est pas si simple ; il faudrait bien pourtant, la créature douloureuse, arpente toujours le sentier, usant ses bottines, ne cherchant même plus celle de droite, définitivement instituée en errance, méprisant à jamais la ligne d’horizon

 

28.02.2008

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-    Tu l’entends ?
-    Le souffle court
-    Halète
-    Je l’entends
-    C’est ainsi donc que vont les choses ?
-    Ainsi va l’existence, ainsi elle se remplit, ainsi, ils croient vivre
-    Mais leurs promesses ?
-    Mais leurs rêves ?
-    Mais les illusions qu’ils créent ?
-    Rien
-    Rien n’a d’importance
-    Sinon le contentement
-    Etre serein
-    Je ne peux pas
-    Non, tu ne peux pas
-    Comment pourrais-je encore vivre sans confiance ?
-    Il n’y a que toi
-    Mais je ne me fais pas confiance
-    Il n’y a que toi
-    Plus jamais
-    Plus jamais
-    Plus jamais
-    Plus jamais
-    Plus jamais
-    …

-    Tu marchais. Le sentier se rétrécissait, mais tu contenais ta peur, tu la gardais ; en fait, tu la transformais
-    Le soupçon, je n’étais plus que soupçon
-    Tu ne regardais pas derrière toi, comme promis
-    Mais j’avais l’impression …
-    Il y avait eu des croisements
-    Je ne devais pas regarder, il fallait avoir confiance, j’avais confiance
-    De moins en moins
-    Je croyais voir dans les reflets bleutés des mouches, son sourire
-    C’était la mort
-    La moindre filoche blanchâtre dessinait dans le ciel sombre la vague empreinte d’un espoir
-    C’était la fuite
-    Un oiseau noir, osseux, prit son envol vers la cour
-    Il a choisi l’autre chemin

 

27.02.2008

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Il faut en finir, achever le cadavre, dédaigner la chair putréfiée, vide de sens.
Il faut se remettre sur la voix de moi, oublier le monde, qui ronronnera toujours de la même façon, excessivement ennuyeux, fatalement décevant, toujours.
Mais en fait, c’est moi, moi qui suis en dessous de toute intellectualigence, toute impie happy inculte ... sad, so sad ...
On croit que c’est cette tristesse qui nous met au-dessus du lot, alors qu’il faudrait s’enfuir de tous ces lotissements, même celui du désespoir.

Tellement puérile, superfacialité Yes ! I can do that ! I can reach the dark eye of my loneliness, I can mash it, so nice, so quietful

Il faut se demander, toujours se demander pourquoi, les raisons véritables sont toujours les pires, les plus ignominieusement humaines

Rentrer dans le cadre, même s’il est grotesque, se serrer bien fort à son petit cheval de manège, dans la danse que l’on sait macabre, ou plutôt, on dit que l’on sait, mais en fait, ça ne fait pas de différence avec ceux qui ne savent pas, ou préfèrent ne pas savoir, je ne juge pas, sauf toi.

C’est toujours moi, le solilunique problème.  

26.02.2008

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Cette vie m’est insupportable, tous mes rêves aboutissent à chaque fois au même gouffre, j’ai déjà tellement de trous noirs en moi, il ne reste plus grand chose, peu de lumière.

 

25.02.2008

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Everybody loves you here
 
Sous-sols sombres. Rythme. Raconter ces tambours, la vague qui vous traverse, la musique, respiration. Fermer les yeux. Ressentir, laisser aller. Les gens se frôlent, se sourient.
Home.
C’est là, là que la plénitude est possible. Monde facile. Lieu sans loi, sans moral excessive. Il y a des bâtards. Mais ce n’est pas important. Il y a cette musique. we make the music. Je n’en suis qu’à l’aperception du rythme primaire, je marque le bit, mais à force, la vague vous transfigure tout entier, vous êtes l’onde cataclysmique. Car c’est bien une musique de fin des temps, musique d’attente.
 
Hier, jeu sur une sonnerie, hurlement inhumain, déchirement de quelques siècles, en attente de cette respiration, ce souffle court, peuple haletant. Quand on vote dans l’espérance, pantelant de peur, crainte que ça ne revienne pas, cette frustration monte, aboutissement dynamique.

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